Alors
qu'il y a une prise d'otage dans un magasin ou je fais mes courses,
je décide de m'enfuir en courant, lorsque soudain j'entends le bruit
d'une détonation puis une piqûre vive entre mes deux omoplates
comme une mininiscule fée armée de ciseaux pointus qui se fraie un
chemin dans ma chair. Je continue de courir jusqu'à ce que je
m'écroule face contre le carrelage blanc du rayon boucherie. Je n'ai
pas froid, mais j'ai peur, j'ai peur car j'ai de l'espoir, l'espoir
de ne pas mourir et puis j'ai peur de vivre handicapé. Je me vide de
mon sang lentement mon cerveau se met à réfléchir très très vite
et puis je sens une main qui m'attrape l'épaule et qui me retourne
dos au sol. Un homme armé et au visage couvert d'une cagoule noire
me défie de toute sa hauteur et me regarde agoniser, ma respiration
s'accélère alors que l'homme approche son visage du mien, mon
cerveau se met a réfléchir de plus en plus vite-tissu glace métal
bois-non mon corps ne sens plus rien-acier, feu cire-non mon corps
ne sens plus rien-congélateur à droite, roue d'un caddie à
gauche, des amis oui j'ai des amis, une famille aussi oui j'en ai
une-qui va s'occuper de moi quand je serais en chaise roulante-pourquoi ai-je essayé de m'enfuir, merde putain merde pourquoi ai-je
essayé de m'enfuir hein putain de moi , et mon corps?
Non toujours rien mon corps ne sens rien et ses yeux s'approchent des
miens il n'est plus qu'a quelques centimètres-est ce que la sécu
s'occupe bien des gens handicapés?-Un vélo, une porte-ses
yeux gris verts me regarde intensément et s'approchent de moi inexorablement-des groseilles mangée dans la main de nathalie
l'été de mes 4 ans-il lève sa main lentement-tiens si je prend
cette rue la j'arriverais sans doute plus vite-il ôte sa cagoule et
me révèle son visage, mon visage, c'est moi je me regarde moi-même
dans le blanc des yeux et puis il enfin je me souris et tourne la
tête sur la droite et à coté de moi je remarque un corps couché
au sol le visage ensanglanté, c'est aussi moi et je lance un regard
panoramique autour de moi et je vois deux autres braqueurs eux aussi
sont moi et encore deux corps de moi et un autre en train de brûler
et d'hurler et c'est moi et un autre pendu a un croc de boucher qui
perd son sang et tache goutte après goutte le sol du rayon boucherie
et les deux autres braqueurs s'approchent eux aussi de moi et je me
replonge dans mes propres yeux et je ferme les yeux et j'entends alors
que je pousse mon dernier souffle: un chuchotement très léger qui me
susurre «je t'aime» .
Mathias Varenne.
Qui êtes-vous ?
- la preuve.
- Bruxelles, Belgium
- La preuve est un projet qui associe théâtre-performance-sculpture. Avec ce projet, j'ai la volonté de tester et jouer avec le public à tester nos limites face aux imageries 'clichés' liés au: /meurtre-serial killer-school shooting/ tout en tentant de connecter ces thèmes à celui de l'amour : Et si un meurtre/carnage devenait une preuve d'amour ? "Il y a un vieux proverbe qui dit : « si dieu n’existe pas tout est possible ». Mais ce qui est certain, c’est que Tout n’est jamais permis, parce qu’il y a des lois de vraisemblance qui survivent au créateur. Cependant la deuxième partie du proverbe peut fonctionner, c’est-à-dire se faire réalité sur le mode hypothétique : « si tout est permis... » Ce nouveau proverbe n’a pas de seconde partie. En effet si tout est permis... eh bien quoi ? Un projet proposé par Mathias Varenne Mise en scène: Mathias Varenne Sculptures: Damien petitot Scénographie: Damien Petitot et Gaëtan Rusquet Interprètes/Performers: Damien Petitot, Gaëtan Rusquet, Mathias Varenne, Nathanaëlle Vandersmissen. Chargée de production: Manon Faure Un projet présenté par MOTHERSHIPasbl
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